la main froide - Serge Brussolo - 4e
4 étoiles

La main froide, un braquage de banque milimétré tourne au thriller machiavélique

Informations commerciales

La main froide est un thriller
Dépôt légal juillet 2001
Edité par le Livre de Poche
408 pages

Résumé

Une femme malheureuse en amour échafaude un plan pour rafler la fortune dont son mari est responsable à la banque tout en lui faisant porter le chapeau. Elle fait appel à une équipe de trois personnes pour accomplir cette mission rendue très délicate par la présence de Dust le chien que le mari a récupéré de la réforme. La police le jugeait trop agressif et incontrôlable. La bête est en plus dotée d’une redoutable intelligence.

Mon avis

Surprenant au début et prenant dès que les évènements s’enchainent.

Une couverture au style inapproprié

J’ai fini le livre et je ne comprends toujours pas ce choix. Quand je l’ai choisi dans la boite à livres, je m’attendais à un livre dans la veine des « chair de poule » avec de l’horreur mesurée pour jeune public.
En fait pas du tout. Il s’agit bien d’un livre aux enjeux et aux préoccupations à destination des adultes. Donc, pourquoi choisir une couverture au dessin simpliste et aux couleurs vives complètement en décalage avec les codes du genre ????

Le placement de l’histoire

On en revient à ces auteurs qui écrivent des polars qui se déroulent aux États-Unis. Pourquoi ?
En général, on dit qu’on écrit mieux sur ce qu’on connaît. Je comprends quand on veut écrire un road-movie, une traversée d’un désert ou si l’histoire nécessite qu’une scène se déroule dans un lieu typique (souvent caricatural et inspiré par les films hollywoodiens), mais dans le cas de « la main froide », je ne comprends pas.
Le mari victime du complot fait un voyage au Mexique pour participer à des combats de boxe illégaux. Or, une simple recherche internet montre que cela existe en France, sans doute aussi en Espagne, donc l’intrigue aurait très bien pu se dérouler dans le sud de la France. Les lecteurs auraient sans doute été plus impliqués et immergés dans cette histoire.

Le scénario

On part donc sur l’histoire d’une femme qui veut voler le coffre d’une banque et dans le même coup, faire porter le chapeau à son mari pour s’en débarrasser. Elle recrute trois hommes de mains aux compétences bien différentes pour faire le coup qu’elle organise.
À la moitié du livre, le braquage est fait. Quelques pages plus tard, l’argent est rapatrié aux États-Unis.
Je dois dire que quand j’ai regardé le nombre de pages qui restaient, je me suis interrogé. Et pourtant, c’est un deuxième thriller qui commence avec un détail technique que personne (hormis peut-être des spécialistes) n’aura vu venir. L’indice se trouve ici 

Cette deuxième partie est aussi intéressante que la première et comporte son lot de complications.

Les personnages

Le chien

Toute l’histoire tourne autour du chien. Dès la scène d’introduction ou la banque de la victime (qui amenait son animal au travail) est attaquée par des braqueurs, le chien est là. Il met les voleurs en charpie et se forge une réputation de tueur sanguinaire auprès des collègues et des lecteurs.
Dans chaque échange entre les personnages humains et à chaque fois qu’un plan est envisagé, le chien est un point noir à contourner et à surtout ne pas négliger au point de lui prêter une intelligence complètement démoniaque.

La victime

Il est banquier et se paie des week-ends au Mexique pour participer à des combats dans des « fight clubs ». Le reste du temps, il prend plaisir à terroriser son entourage avec son chien psychotique qu’il entraine à tuer toutes sortes de bestioles. Il néglige complètement sa femme qui lui rend bien.

La femme

Elle est riche par alliance et ne veut pas que ça change. Pour cette raison, elle veut quitter son mari, mais pas partir les mains vides. Pour je ne sais quelle raison, elle estime normal d’avoir des relations sexuelles avec chacun des hommes qu’elle recrute en guise d’avance.

Le bon

C’est un imitateur qui a un vrai don, mais qui est aussi menacé par les hommes de main d’un sénateur, à cause d’un vieux contentieux. Il est blacklisté et a besoin d’argent pour changer de vie. Hormis ça, c’est un type qui a des principes et c’est pour ça que les autres lui cachent la partie délicate de leur plan pour braquer la banque.

La brute

Un jeune boxeur. On ne sait pas trop s’il est simple d’esprit ou s’il le fait croire pour qu’on le sous-estime. Il a pour but de toucher le pactole et de se lancer dans une carrière de catcheur.

Le truand

Il a été médecin militaire, mais n’a plus le droit d’exercer. C’est le plus vieux de l’équipe le plus posé. On ne sait pas grand-chose de ses motivations, hormis qu’il a une vie simple et qu’il fait ça uniquement pour l’argent.

Qu’est-ce qu’on retient de « la main froide »

C’est un roman dont l’originalité vient de la personnification de l’élément perturbateur récurrent dans le rôle du chien. Oui, car on peut vraiment parler de personnification. Cet animal est tellement intelligent, machiavélique et dangereux qu’on peut dire qu’il est personnifié. Pour le reste, le scénario et ses deux retournements de situations (surtout le deuxième) sont aussi un point fort de ce livre que j’ai apprécié.