le dernier restaurant avant la fin du monde - Douglas Adams - 4e
5 étoiles

Les routards galactiques se rendent au dernier restaurant avant la fin du monde

Informations commerciales

Le dernier restaurant avant la fin du monde (suite du guide du routard galactique) est un roman de Science-Ficiton humoristique de Douglas Adams.
Dépôt légal mars 1987 aux éditions Denoël
202 pages

Résumé du dernier restaurant avant la fin du monde

Zappy Bibicy et l’équipage du coeur en or tentent d’échapper à un vaisseau vogon qui vient de détruire la terre. Leur fuite va leur faire traverser nombre de péripéties aux quatre coins de l’univers et du temps. Ils vont échouer au dernier restaurant avant la fin du monde et voler un autre vaisseau pour de nouveau s’enfuir avant d’être téléporter au petit bonheur la chance et d’être séparrés en deux groupes.

Note sur la traduction du roman

Spéciale ovation et tirage de chapeau à Jean Bonnefoy (qui a beaucoup souffert, comme il est précisé sur la quatrième de couverture) à qui nous devons la version française de ce roman. En effet, le texte est constitué de phrases sans queue ni tête, mais qui retombe toujours sur leurs pieds. Elles sont truffées de jeux de mots parfois formés de concepts contraires. Je n’ose pas imaginer la somme de travail que cela représente de retranscrire ce genre d’expression d’une langue à une autre tout en préservant le sens général du texte, le style d’écriture et de langage de l’auteur.

Mon avis sur le dernier restaurant avant les fin du monde

Comme d’habitude, j’ai retiré ce livre d’une boite à livre près de chez moi. J’ai été attiré par le titre que j’ai assimilé au « dernier bar avant la fin du monde » qui était un film fantastique un peu délirant. C’est après quelques pages de surprise que j’ai retourné le livre pour lire la quatrième et comprendre mon erreur.

Les personnages

Ils sont 6 au départ de cette aventure si on compte l’IA du coeur en or (le vaisseau propulsé par son générateur d’improbabilité infinie) et le cyborg. Tout deux sont souvent relégués au second plan, mais offrent des scènes mémorables.

Zappy Bibicy, président de la galxie, accompagné de Trillian, cherche le maitre de l’univers pour le questionner.

De leur côté, Arthur Accroc et Ford Escort attérissent sur une planète inconnue avec à bord d’un vaisseau de colons qui peinent à redecouvrir le feu et la roue.

L’histoire

Le scénario est complètement loufoque. On dépasse de très loin la science-fiction et le space-opéra. Je serais incapable de coller une étiquette à ce roman. S’il est comique et innovant dans sa première partie, il prend un virage différent à la page 148 quand le groupe de quatre se séparre.

Arthur et Ford echouent sur une planète inconnue avec tout un vaisseau de colons involontaires (en fait toute une partie de la population qui a été bannie de leur planète surpeuplée. Le ton est toujours aussi commique, mais il devient prétexte à une critique acerbe de la société. Voyez ces exemples très parlant.

P174 : « Le problème majeur de l’exercice du pouvoir est fonction de qui l’on trouve pour l’exercer, ou plutôt de qui s’arrange pour amener les gens à le laisser l’exercer sur eux… Ceux-là même qui ont le plus envie de gouverner les gens sont, ipso facto, les moins aptes à le faire… Quiconque est capable de parvenir à se faire élire président ne devrait à aucun prix être laissé libre d’exercer cette fonction. »

 

p196 où même la question de redécouvrir l’usage du feu pose des questions existencielles : « … quand vous aurez été dans le marketing depuis aussi longtemps que moi, vous saurez qu’avant de parler de lancer un quelconque produit nouveau… il nous faut d’abord découvrir ce que les gens exigent du feu, comment ils se positionne par rapport au produit, quel genre d’image il revêt pour eux. »

Quand à la roue, c’est le choix de la couleur qui empeche son introduction dans cette nouvelle société. Le dernier exemple que j’ai adoré est l’introduciton de la monnaie. Pour cela ils choisissent la feuille (d’arbre). Naturellement, tout le monde se précipite pour se remplir les poches de feuilles et la société naissante est très vite soumise à une inflation incontrôlable et irrationnelle. Pour limiter cela et redonner une valeur à leur monnaie, ils prennent la décision logique de brûler tous les arbres pour limiter le nombre de feuilles. C’est d’une logique implacable.

Le style de Douglas Adams

C’est à la fois ce qui fait la force de ce roman et ce qui déroutera les lecteurs les moins persévérants.
De mon côté, j’admire avec beaucoup de ferveur le fait d’avoir une imagination aussi prolifique. On s’approche de quelque chose d’enfantin au sens où il n’y a aucune limite à ce qui peut ou ne peut pas se produire sans aucune considération pour la moindre loi de la physique. Attention, ceci n’est pas une critique. Pour moi, c’est vraiment une force d’avoir conserver ce côté naturel de l’inspiration sans la censure qui vient avec l’âge et l’éducation qui vous dicte ce qui est bien de penser ou non. C’est comme si plusieurs personnes s’étaient rassemblées avec chacune leurs idées et avaient tout jeter dans un texte qui finit par s’amalgammer de lui-même par magie. Naturellement, il ne faut pas se mentir, ce n’est pas le plus facile à lire. On tombe de temps à autre sur des phrases déroutantes dont on tire le sens plus par déduction ou supposition que par le sens de la lecture, mais cela fait partie du charme de ce livre.

Mon avis final sur le dernier restaurant avant la fin du monde

Je pense que vous l’aurez compris, j’ai adoré cette lecture inhabituelle. J’ai été déconcerté au début, mais j’ai vite été conquis par les aventures délirantes que subissent les personnages ainsi que par le style de narration pas très académique.