Les masques de Nyarlathotep, l’aventure commence au Pérou
Présentation du scénario
Je voulais absolument commencer cette campagne par son « vrai » commencement. C’est-à-dire le prologue au Pérou. Et bien, je n’ai trouvé aucune trace de sa publication en français et devant la somme de suppléments et d’aides de jeu à ingurgiter, j’ai renoncé à la VO.
Ma seule source pour maitriser cette introduction est donc l’excellent actual play de Niko « DM Niko » Takian que vous pourrez trouver sur youtube
(Chers joueurs merci de ne pas cliquer sur ce lien.)
Et si vous cherchez le début de nos aventures au Pérou, c’est ici.
Une expédition mal engagée
Lorsqu’il rejoint les autres, le hors-la-loi les informe de ce qu’il a vu. Les autres décident d’aller voir Larkin immédiatement pour lui venir en aide ou… autre.
Malheureusement, il ne reste plus grand-chose du Larkin qu’ils ont rencontré. Les veines de son corps asséché ont noirci. Ses yeux sont révulsés et sa voix est infernale et menaçante. Joe le baroudeur tire le premier, imité par Elias, et le corps s’effondre sans vie.
La tenancière alertée monte immédiatement l’escalier (immédiatement après avoir appelé la police). Elle se fait éconduire par l’archéologue. S’en suivent des contestations et des justifications jusqu’à ce que la police arrive. Pendant ce temps, le hors-la-loi subtilise discrètement le masque en or et une grosse enveloppe pleine de billets qui devaient servir pour les faux frais.
Le même inspecteur que le matin les interroge. Le corps déjà en putréfaction de Larkin donne du crédit à leur version, mais il doute de leur innocence complète.
Une décision courageuse ou une folie irraisonnée
Le groupe d’inconnus se retrouve donc au bar pour faire le point comme ils peuvent.
L’historien parle français et espagnol.
Le bandit parle belge.
Le baroudeur parle anglais
L’écrivain parle anglais et espagnol.
Autant dire que la discussion est compliquée et prend du temps et passe par des intermédiaires pour que tout le monde partage la même information.
Oui, les joueurs font tout ce qu’ils peuvent pour se faciliter la tâche parce qu’il n’y a jamais assez de pièges dans « L’appel de Cthulhu ».
Bref, après quelques Pisco (la boisson locale), ils évaluent leur intérêt pour cette expédition (il y a de l’or dans le temple, il paraît) et leurs chances d’y parvenir (partir dans la jungle à 5000 m d’altitude sans guide local, sans médecin, en comptant sur la chance c’est OK) et décident de toute de même partir à la recherche de ce temple perdu.
Dans la soirée, l’historien décide d’éplucher les documents récupérés dans la bibliothèque du musée. Il trouve la lettre d’un conquistador espagnol qui découvre une ruine. Il part avec quatre personnes, dont l’une, qu’il nomme Luis Mendosa. La lettre raconte que le conquistador a trouvé un temple. Il a pillé tout l’or qu’il pouvait porter, mais peu de temps après, ses compagnons sont tombés malades ou devenus fous et sont morts rapidement. Lui-même était pris de terribles visions et d’horribles cauchemars, puis tomba malade. Il parlait de la malédiction de l’or et de ce qu’ils avaient réveillé. Il écrit dans ses derniers mots que s’il en avait la force, ses derniers vœux seraient de ramener cet or dans le temple.
De Lima à Puno
Comme prévu, les trois camions arrivent le lendemain matin avec trois chauffeurs. Ceux-ci s’annoncent à l’hôtel et demande M. Larkin pour la livraison du matériel. S’en suit un cafouillage improvisé dans lequel l’un essaie de se faire passer pour l’explorateur alors qu’un autre annonce qu’il est mort. Puis un autre dit qu’en fait ce n’est pas grave et qu’ils vont le remplacer…
Le chauffeur flaire le bon coup et annonce qu’il faut vérifier l’inventaire et signer son bon de livraison… et qu’en suite, il faudra payer les 5000 sols restant dus… avec un regard en coin implorant les dieux de la chance. Et ça passe. Le groupe d’amateurs trouve ça un peu louche, mais comprend qu’ils sont un peu dans l’impasse et paie.
Ils montent dans les camions et voyagent tranquillement jusqu’à Puno en trois jours. On ne peut pas dire qu’ils se sont fait des amis de leurs chauffeurs, mais ils sont conduits dans de bonnes conditions et dans le temps prévu.
Puno
Puno est une ville de 20 000 habitants qui borde le lac Titicaca. Quatre chambres sont réservées dans l’hôtel le plus proche du lac. Le restaurant est en face. Les camions se garent devant et les chauffeurs leur annoncent que c’est la fin du chemin. Le groupe est surpris par cette annonce. D’après la carte, les ruines sont indiquées à quatre jours de Puno et ils pensaient que les camions allaient les amener à proximité. Ils comprennent qu’ils ont le contenu de trois camions de matériel et quatre dos pour les porter dans la jungle. Il est temps de se pencher sérieusement sur cette question et de faire des choix cruciaux (et des paris sur l’avenir). Ils tournent le truc dans tous les sens et vraiment, ça ne le fait pas. Une fois comptées la nourriture et l’eau pour l’aller-retour, ils sont chargés au maximum.
Le MJ magnanime leur demande comment font les locaux pour transporter leur matériel dans les montagnes…
C’est à ce moment qu’un des randonneurs décide de louer des lamas. Ça leur donnera un côté plus typique et accessoirement, ça leur permet d’emporter une tente, des lampes, les trousses de premiers secours et quelques petites choses comme ça.
Puis, comme ils sont arrivés dans la soirée, ils décident d’aller au restaurant où il rencontre un curé expéditionnaire allemand assez vindicatif et fataliste à la fois. Il fait nuit quand ils en sortent. Le bandit rentre se coucher. L’historien va fouiner en ville. Le baroudeur et l’écrivain discutent et flânent dehors. Ils s’arrêtent quand ils entendent des pleurs. Ils se dirigent dans la direction et découvrent un enfant assis contre une roue de leur camion, les genoux serrés contre le corps et la tête plongée dans ses bras en train de sangloter. Ils approchent pour voir où est le problème et l’enfant se jette sur eux sans aucun signe précurseur d’attaque. Dans sa détente, son visage s’ouvre en cinq pétales bordés de nombreuses dents formant une gueule terrible. Le baroudeur n’a pas le temps d’esquiver l’attaque de l’enfant-carisiri manque et il se fait recevoir par deux balles qui le laissent étendu. Focalisés sur cette attaque, les deux n’entendent pas arriver dans leur dos un carisiri adulte qui se jette sur le baroudeur. Il le couche dans son élan et ses dents s’enfoncent profondément dans son épaule. Il se débat et sent la chose l’aspirer. C’est l’écrivain qui joue du pistolet et abat la créature. Le baroudeur en gardera de profondes morsures et une grande fatigue. L’affaire est déjà réglée quand le curé sort de l’église un fusil à la main. La police est appelée pour enlever les corps et prendre les dépositions. Le mot carisiri semble tabou, comme une sombre légende que tout le monde refuserait de voir devenir réalité.
Elia Iatiri et la légende de Queco
Le lendemain matin, Elias Jackson décide d’aller rendre visite à son contact sur place pour voir s’il peut en apprendre plus sur le climat local et ces fameuses créatures. Les autres l’accompagnent.
Elai Iatiri habite une des iles artificielles du lac. Ils sont guidés par un adolescent qui les emmène sur sa barque.
Elia leur apprend qu’il y a plus de 2000 ans, un dieu est tombé du ciel. C’est lui qui a créé le cratère du lac Titicaca. Il est sorti en rampant et a apporté la fin. Il dévorait tout ce qu’il trouvait. À cette époque, il y avait un héros nommé Queco qui est allé voir le Dieu maléfique et l’a convaincu que ce qu’il y avait de mieux pour se nourrir se trouvait sous la terre : tubercules, larves, etc. Il a emmené le Dieu dans un terrier de tatou. Quand le Dieu est entré, il a placé des pierres pour fermer le trou et le Dieu est resté piégé sous terre. Quand il est rentré, il a montré l’endroit et a dit que c’était un endroit sacré et qu’il fallait construire un temple à cet endroit et qu’il fallait fermer ses portes par des formules écrites sur de l’or. Depuis, le Dieu est toujours sous le temple et les gens du village refusent de s’approcher de cette région.
À leur retour, ils découvrent une barque échouée sur une ile déserte. Lors de leur approche, ils sont attaqués par deux carisiris cachés sous l’eau. Ils en viennent à bout, mais ont appris une nouvelle compétence de leurs ennemis.
Bien sûr, personne ne pense à prévenir Iatiri qui s’est réfugiée sur une ile, pensant être à l’abri.
Une fois rentrés, ils décident de ne plus perdre de temps. Ils achètent des lamas, répartissent leur matériel, et décident de se mettre en route au lever du soleil le lendemain matin.
La jungle du Pérou
Le premier jour de marche se passe dans la bonne humeur d’une randonnée fatigante, mais dont l’issue sera la gloire et la richesse. Ils montent un campement, mais n’arrivent pas à trouver un sommeil réparateur. Les causes sont l’altitude, le froid, le vent et le vacarme infernal, pour des citadins, de cette jungle bruissante.
Ils repartent le lendemain avec moins d’entrain et recommencent à gravir la montagne. Le matin, la pluie s’invite au voyage et avant midi, le chemin s’arrête devant une faille de trente mètres de profondeur parcourue par une rivière. Un arbre est couché en travers. Ils étudient la carte et constatent qu’un détour les emmènerait loin au sud et leur ferait faire un détour de trois jours. Impossible avec les ressources qu’ils ont emportées. Ils se résignent donc à traverser le pont de fortune. Malgré le maximum de prudence dont ils peuvent faire preuve, l’historien rate sa traversée alors qu’il était presque au bout. Il chute et fait le pendule au bout de sa corde avant de s’écraser contre la paroi rocheuse occasionnant de nombreuses contusions qui le plonge dans un état sévère. Il réussit au deuxième passage. Son lama par contre n’a pas droit à une deuxième tentative. Il s’écrase dans le ravin avec la tente et une partie des provisions.
Le troisième jour, ce sont des coups de feu qui animent leur voyage. Un Péruvien arrive dans leur direction en tirant derrière lui et en trainant un enfant qui tient à peine debout par la main. Il menace le groupe dès qu’il voit les voyageurs en criant des choses incompréhensibles à propos de carisiri. Ils s’aperçoivent vite que le gamin porte d’énormes traces de morsures autour de la bouche. Il semble avoir du mal à respirer et sa gorge est gonflée. Le diagnostic est posé : il est parasité. Ils ont du mal à faire comprendre au père qu’ils peuvent le sauver et passent à deux doigts du drame, mais ils réussissent à extraire la larve de l’enfant qui a une chance de survivre.
Le quatrième jour, après une nuit à la belle étoile, la forêt laisse place à de la végétation rase et la vue se dégage. Ils découvrent une très grande statue de ver au corps annelé surmonté d’un crâne inquiétant. La partie basse est formée de nombreux tentacules. La statue est lugubre, mais rien aux abords ne laisse penser que c’est l’entrée d’un temple. Ils continuent donc leur route et aperçoivent deux hommes marcher devant eux et dans la même direction. Intrigués, ils décident de les suivre à bonne distance.
Une découverte macabre
Après une heure de marche, les deux hommes les mènent à une découverte historique : une petite pyramide à degrés d’environ cinq mètres de haut (à cette époque, il n’y a que trois pyramides recensées au Pérou). Autour, l’odeur est pestilentielle et les mouches emplissent l’air. Les deux hommes montent un escalier jusqu’au sommet et leur silhouette disparaît un moment comme s’ils s’asseyaient. Puis ils réapparaissent, redescendent et repartent dans la montagne. L’historien se dirige vers l’endroit d’où proviennent les mouches et découvre une grande fosse pleine de cadavres qui lui donne immédiatement envie de vomir. Le baroudeur aura un choc psychologique en voyant cette vision d’horreur.
La suite au prochain épisode