Dans « un fils », Maupassant raconte les relations H/F et les enfants de son époque
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Un fils est un recueil de nouvelles qui se focalise sur les descendances non désirées.
Publié chez Le livre de poche
Les douze nouvelles ont été publiées pour la première fois entre novembre 1877 et novembre 1887.
121 pages, dont une préface intéressante de 11 pages et une biographie de 4 pages.
Le donneur d’eau bénite
Résumé
Un enfant est enlevé à ses parents par des gens du cirque qui finissent par l’abandonner. Il est ensuite recueilli par une bonne famille. Toute leur vie, ses parents qui avaient une bonne situation se désespèrent. Ils cherchent la trace de leur fils et le père devient mendiant et donneur d’eau bénite à l’entrée de l’église dans l’espoir de reconnaître son fils. Ce qui arrive. Puis le fils continue sa vie et les parents meurent vieux et heureux de savoir qu’il va bien.
Mon avis
Une des seules nouvelles qui parlent d’amour parental. Même s’il est contrarié pour rester dans le thème général.
Le papa de Simon
Résumé
Simon n’a pas de papa. Il se fait moquer et sa mère passe pour une trainée peu fréquentable, mais elle est jolie et plait au forgeron. À force d’insistance, il en fera sa femme et fera taire les moqueries sur l’enfant et sur la mère.
Mon avis
Une nouvelle agréable avec une morale dans le sens de la morale habituelle.
Un fils
Résumé
Deux bourgeois se vantent que la plus belle chose qui soit est de pouvoir répandre ses gênes où et quand ils le veulent sans retenue. En voyage, l’un des deux passe une nuit dans une auberge bretonne et en profite pour baiser la jeune serveuse contre sa volonté. Il y repasse trente ans plus tard et découvre que la jeune serveuse est morte, mais qu’elle a laissé un fils attardé mental qui a tout juste trente ans. L’homme doute et décide de venir en aide financièrement au jeune homme qui dort dans l’écurie. Il n’est à aucun moment question d’amour ou de remords ; peut-être un soupçon de pitié.
Mon avis
Hormis la reconnaissance de filiation, l’argent qui achète les consciences est le thème le plus important développé par Maupassant. Ici, on fait également l’impasse sur le consentement. La fille cède devant la position, dominante de par sa condition, de l’homme en voyage.
L’enfant
Résumé
Quand un coureur de jupons trouve enfin la femme de sa vie, il décide d’abandonner toutes ses maitresses. Il laisse la charge d’entretenir sa préférée à un ami… Plus tard, il apprend que cette femme va mourir en couche. Il se rend à son chevet pour un dernier hommage et c’est dans son dernier souffle qu’elle lui apprend que l’enfant qui va la tuer est de lui. L’homme est tout d’un coup pris de sentiments paternels et ramène l’enfant à sa femme qui l’adopte aussitôt.
Mon avis
En 1880, la femme n’a pas droit au chapitre. L’homme en dispose suivant sa volonté.
Un parricide
Résumé
Un homme se livre et raconte l’histoire d’un homme et d’une femme qui sont retrouvés morts. Un enfant naturel se venge de ses parents qui l’ont abandonné.
Mon avis
Par le terme « enfant naturel », il faut comprendre « enfant de l’amour » qui est à opposer à « enfant du mariage » (entre deux personnes mariées souvent par convenance et non par les sentiments). La fin est très intéressante, car Maupassant laisse le lecteur juger l’affaire dans une question ouverte.
Aux champs
Résumé
Les Tuvaches et les Valins ont quatre enfants chacun. Un jour, une femme qui n’en a pas propose aux Tuvaches de leur acheter leur plus jeune. Ils refusent. Les Valins acceptent. Ils vivent de leur rente pendant que les Tuvaches les raillent pendant 21 ans. Quand le jeune garçon acheté revient voir ses parents biologiques, il est riche et bien éduqué. Ses parents se pavanent et le fils Tuvache se met à reprocher à ses parents de ne pas l’avoir vendu en premier. Il quitte ses parents dans la misère et part faire sa vie.
Mon avis
Dans « aux champs », Maupassant compare les huit enfants de ces familles à un troupeau d’oies qu’on gave. Il est difficile de se replacer dans le contexte de ces paysans qui vivent de pas grand-chose, mais la structure de ses histoires est toujours la même : le dilemme, le choix, la comparaison, les reproches. On dirait que Maupassant reproche aux gens de petites conditions de faire des enfants.
Le testament
Résumé
Un homme explique, à un autre qui lui demande, pourquoi il ne porte pas le même nom que ses frères. Son père biologique l’a reconnu tard et lui a laissé ses biens.
Mon avis
Une courte nouvelle oubliable qui ne se démarque pas par son style ni par son intérêt.
M. Jocaste
Résumé
Un homme est amoureux d’une femme. Il lui fait une fille, mais la femme meurt et il place l’enfant. Des années plus tard, il la rencontre. Elle lui rappelle sa mère et il en tombe amoureux.
Mon avis
Est-il possible de justifier l’inceste par la fatalité et le mensonge par omission ? Pour Maupassant, on dirait bien que oui. Cette fois encore, il franchit une ligne rouge incompréhensible, même pour l’époque. Il ne se contente pas d’une nouvelle, il en fait vraiment une justification en faisant de ce texte une réponse à une femme qui s’offusquait de la situation. Une position que j’ai décidément bien du mal à comprendre quand on compare ces nouvelles aux merveilles qu’il a par ailleurs écrit dans le domaine du fantastique.
Le petit
Résumé
Un homme est trop amoureux de sa femme pour voir ce que tout le monde sait. Après des années, elle lui donne un fils et meurt en couche.
Mon avis
Une courte nouvelle cousue de fil blanc qui mêle beuverie, adultère et drame familial. Sans surprise.
Le père
Résumé
Une charmante rencontre mène à la passion. On pense d’abord que Maupassant va enfin nous conter l’histoire d’un homme responsable, mais non. Pas assez satisfait d’avoir abandonné une femme enceinte, il cherche, des années plus tard, à voir son enfant.
Mon avis
Encore une fois chez Maupassant, la femme cesse d’être désirable quand elle devient mère. Pourtant, le besoin de filiation et de reconnaissance des pères est bien présent.
L’abandonné
Résumé
Abandon et regrets partagés par deux amants sont au menu de cette nouvelle.
Mon avis
La mère qualifie son enfant de « cette larve humaine ». Preuve qu’un enfant non désiré, à cette époque, est vu comme une calamité qu’on va trainer toute sa vie, sauf à l’abandonner.
Duchoux
Résumé
Un homme qui a abandonné un fils qu’il a eu trop jeune désire aller à sa rencontre.
Un homme a payé de loin la vie de son fils abandonné et inconnu. Devenu vieux, il pense avoir des droits sur lui. Pire, il regrette d’avoir donné trop d’argent que le fils a fait fructifier, le privant de sa position de sauveur.
Mon avis
Maupassant s’attaque d’abord à la vie maritale qui semble pour lui pire que le bagne, puis retombe dans le classique. Une dernière nouvelle en apothéose de propos dégradant entre celui qui fait un enfant par an à sa femme ou le même qui ressemble à sa mère comme un singe ressemble à l’homme… tout un déversement de fiel contre les humains de son époque. Faut-il rapprocher ce mépris de sa propre condition ? Fils de parents divorcés, il contracte la syphilis à 27 ans et en meurt à 43.
Est-ce qu’on valide « un fils » ?
Ce qu’on retient du recueil « un fils » de Maupassant ?
Je ne sais pas trop. J’ai lu ce recueil sur la base de ce que j’avais aimé de toutes les nouvelles que j’avais lu précédemment et je dois dire que je suis plutôt déçu par cette critique acerbe et très répétitive dirigée principalement contre les hommes de son temps.
Un fils est un recueil de douze nouvelles qui se focalise sur les descendances non désirées. Ces nouvelles sont publiées pour la première fois entre novembre 1877 et novembre 1887.
Pas sûr que l’éditeur ait bien fait de rassembler ses nouvelles en un recueil. S’il est facile de les rapprocher par leur thème commun, le fond et la forme de ces nouvelles sont trop répétitives. Ecrites sur une période de dix ans, elles devaient faire leur effet lors de leur sortie. Lues en un bloc, elles perdent de leur force et ne emttent en évidence que le manque de renouvellement de l’auteur. Les hommes sèment à tous vents sans se soucier des conséquences, les femmes meurent en couche et quand ce n’est pas le cas, elles abandonnent leur enfant non désiré aussi facilement que les hommes. L’argent est aussi très présent. Les riches paient pour se donner bonnes conscience alors que les pauvres ont des nuées d’enfants crasseux auprès d’eux.
Le tableau est toujours le même et on se lasse vite de notre lecture.
« Un fils » est un recueil qui vous fait comprendre pourquoi l’église prêche autant l’abstinence.