Les masques de Nyarlathotep - carte Pérou

La fin d’une malédiction millénaire au Pérou

Présentation du scénario

Je voulais absolument commencer cette campagne par son « vrai » commencement. C’est-à-dire le prologue au Pérou. Et bien, je n’ai trouvé aucune trace de sa publication en français et devant la somme de suppléments et d’aides de jeu à ingurgiter, j’ai renoncé à la VO.

Ma seule source pour maitriser cette introduction est donc l’excellent actual play de Niko « DM Niko » Takian que vous pourrez trouver sur youtube
(Chers joueurs merci de ne pas cliquer sur ce lien.)

Et si vous cherchez le début de nos aventures au Pérou, c’est ici.

Le doute s’installe

Les deux personnages qu’ils ont suivis avaient certes un comportement étrange, mais rien ne permet d’affirmer qu’ils étaient des carisiris. D’autre part, les notes de Figueroa le conquistador parlent d’un labyrinthe couvert d’or. S’il y avait eu un labyrinthe autour de cette structure, il en resterait des traces.
Le doute s’installe parmi les explorateurs. Ont-ils suivi une mauvaise piste ? Leurs provisions leur permettront-elles de continuer longtemps leur chemin en assurant le retour ? Ils décident de prendre de la hauteur et montent sur le toit plat de la pyramide. Les deux hommes qui les ont menés ici ont complètement disparu et rien dans la végétation aride ne permet de voir la direction de leur départ. Sur le toit, ils y découvrent une faille, large de dix centimètres et longue d’environ quatre-vingts. Une odeur nauséabonde s’en échappe. Au bord du trou, ils remarquent une substance poisseuse jaunâtre qu’ils n’arrivent pas à identifier. Ils font différents tests sur la faille, mais n’arrivent pas à déterminer sa profondeur exacte qu’ils estiment entre profond et très profond

Un indice

Lors de leurs tests de profondeurs, ils lancent différents objets dans le trou pour tenter de mesurer sa profondeur, dont le masque en or récupéré chez Larkin (ce test faisait suite au rappel de la note de Figueroa concernant ses dernières volontés qui étaient de rendre l’or qu’ils ont volé dans la pyramide). À cette donation, la pyramide réagit étrangement. Un grondement puissant monte du sol à en faire trembler la pierre et le trou refoule un remugle écœurant.
Les aventuriers sont dubitatifs. Bien que rien ne leur indique qu’ils sont au bon endroit, il serait surprenant que d’autres sites comme celui-ci existent aux alentours et d’autant plus des sites qui réagissent de cette manière. Ne sachant ce qui se trouve sous leurs pieds, ils descendent sans demander leur reste.
Ils émettent l’idée de passer leur chemin pour chercher le labyrinthe de Figueroa, mais ils décident avant de partir de faire une observation complète de cet ensemble archéologique.
C’est lorsque toutes les idées les plus rationnelles ont été épuisées que l’historien émet l’hypothèse que le charnier sert d’offrande à ce qui se trouve dans le trou. Personne ne le suit dans ce délire nécrophile, mais il se met en tête qu’il faut récupérer un morceau de corps dans la fosse pour le lancer dans le trou. Les autres le regardent avec des yeux ronds, mais il n’en démord pas.

Une piste sordide

L’historien approche de la fosse à la recherche d’un morceau qui ferait l’affaire et c’est là qu’il aperçoit, à moitié dissimulé par la quantité de corps, un trou dans une des parois. Il informe aussitôt les autres de sa découverte, mais ils ne semblent pas beaucoup plus intéressés. Il décide donc de sauter dans la fosse. Il s’enfonce dans la fange jusqu’aux genoux, glissant sur les os, pataugeant dans les fluides corporels pourrissants et soulevant un nuage de mouches qui forment un nuage compact autour de lui. L’intensité de la découverte l’aide à surmonter l’horreur de la situation. Sa lampe éclaire l’ouverture dans la paroi et il découvre un passage qui s’enfonce sous terre. Il appelle les autres qui se décident enfin et à contrecœur à le rejoindre.

Le labyrinthe de Figueroa

Un tunnel bas et grossièrement taillé dans la roche débouche au bout de quelques mètres sur un couloir de bonne taille parfaitement maçonné dans la roche. Ils tournent à droite et après une trentaine de mètres, ils aperçoivent deux corps allongés sur des paillasses en plein milieu du chemin. Ils approchent discrètement, même si le bruit qu’ils ont fait jusqu’ici a, à coup sûr, déjà résonné dans le souterrain. Les deux personnes se relèvent avec des mouvements désordonnés et ne laissent aucun doute sur leur nature. Des carisiris avec la gueule grande ouverte se jettent sur eux. Des coups de feu assourdissants retentissent. Dans la précipitation, ils aperçoivent au dernier moment un autre carisiri qui arrive dans leur dos. Une balle de fusil freine sa course et lui fait rebrousser chemin. Les lumières de leurs lampes font danser les ombres sur les murs, pourtant ils pensent avoir reconnu le dernier assaillant, même si cela devrait être impossible. Après de nouveaux coups de feu, ils viennent à bout des deux premières créatures. La troisième, doit se cacher quelque part et ils progressent lentement les armes à la main. Ils découvrent un énorme tas d’objets en or datant de toutes les époques, mais cette découverte ne les réjouit pas outre mesure et ne les déconcentre pas. Dans un éclair de sagesse, ils ne reproduisent pas les erreurs du passé et ne volent aucun des objets qui valent, au sens propre, leur pesant d’or.

Une méchante retrouvaille

Un peu plus loin, ils sont attaqués par le troisième carisiri qui les attendait au coin d’un mur. Il n’y a plus aucun doute, il s’agit de Mendosa. Sa puissance est bien supérieure aux deux autres réunis, mais après un dur échange, il finit au sol. Sa tête est même détachée de son corps pour être sûr que c’est leur dernière rencontre. Ils continuent leur exploration et découvrent un couloir qui forme une boucle carrée. Le mur intérieur est entièrement ceint par une frise en or d’une petite dizaine de centimètres de large à un mètre du sol. L’historien s’en approche et l’étudie attentivement. Il fait immédiatement le rapprochement avec la barre en or qu’il avait vu au musée et dont il avait eu le temps de faire un facsimilé au crayon sur des feuilles de papier. Ils suivent la frise et découvrent qu’elle s’interrompt. Une partie a visiblement été arrachée du mur. À l’emplacement manquant, une fissure verticale s’est ouverte. Elle suinte un liquide huileux et putride qui dégage une forte odeur rance.

Une explication et un constat d’échec

Une large marre s’est formée au bas de la fissure quand ils s’en approchent, ils distinguent des bruits de palpitations à l’intérieur donnant la ferme impression que la terre est vivante.
Après une discussion animée, ils concluent qu’ils sont bien dans la pyramide et le labyrinthe décrit par Figueroa. Ils se trouvent à l’endroit où il désirait retourner, si ses forces le lui avaient permis, pour rendre l’or volé. D’un avis collégial, cet or doit forcément être le morceau de frise manquant, sauf qu’eux non plus n’ont pas cet objet et qu’ils sont dans l’impossibilité de refermer la prison créée et verrouillée par le héros antique.
À ce stade, il ne leur reste pas assez de nourriture pour faire le voyage retour dans de bonnes conditions. Ils doivent retraverser l’arbre qui enjambe un ravin et l’historien est toujours dans un état physique pitoyable suite à sa chute. Ils font le dur constat de l’échec complet de cette aventure, mais pour rien au monde, ils ne souhaitent y revenir.

Un choix moral

Le groupe quitte cet endroit maudit et repart en direction de Puno, la tête basse et la conscience en berne. Ils pèsent la situation, mais chaque fois le voyage accompli une première fois leur paraît une montagne qu’ils n’ont pas le courage et la volonté d’affronter une deuxième fois. Et puis combien de chance que des carisiris finissent par prendre le bateau pour se retrouver en Europe ? Aucune.
À Puno, ils rendent les lamas au vendeur et le remercient. Ils trouvent des paysans qui font le voyage jusqu’à Lima et font le retour à moindres frais. Ils se trouvent une chambre d’hôtel beaucoup moins luxueuse que celle que Larkin leur avait réservée et prennent des billets pour le prochain bateau en partance ; dans deux jours. Le confort relatif de cet hôtel n’est pas le motif principal qui leur fait garder les yeux ouverts. Ils ont peut-être vécu en quelques jours l’aventure de leur vie, pourtant ils ont l’impression d’être passés à côté du voyage.
Le lendemain, le petit déjeuner est léger et silencieux. Un premier se lance, dit que c’est quand même dommage. Un autre renchéri sur la tristesse de la chose et en un quart d’heure, ils sont tous d’accord. Ils font leurs bagages et remontent une expédition avec ce qui reste dans l’enveloppe de Larkin.

Retour au temple du mal élém…

Ha non, pardon, ce n’est pas celui-là…
Les joueurs décident donc de repartir. Je ne vais pas vous mentir, nous n’avons pas joué une deuxième fois le voyage. Seule la fin compte. Ils retournent au musée et réussissent à emporter le morceau de frise en or. Une fois de retour dans la pyramide, ils le remettent en place et le martèlent pour redonner à la ceinture son unité. La fissure s’arrête de suinter et les entrailles de la Terre grondent une dernière fois. Le dieu mort de faim restera enfermé pour très longtemps.
Le groupe repart la poitrine moins oppressée et ils regagnent l’Europe en héros inconnus et aussi pauvres qu’ils l’ont quitté.