quatre sur une ile - antonieta dias de moraes - 4e
lovecraft-intégral
4 étoiles

Dunwich est le théâtre de phénomènes terribles

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L’abomination de Dunwich est une nouvelle d’horreur écrite par H.P. Lovecraft en 1928 et publiée en 1929.
36 pages dans l’édition de Robert Lafont écrite tout petit
La version mise en images par Gou Tanabe aux éditions Kioon date de 2023 et est composée de 3 tomes de 200 pages

Résumé de l’abomination de Dunwich

Le professeur Armitage, de l’université Miskatonic, arrive à Dunwich intrigué par une lettre qui lui demande d’y apporter le Nécronomicon pour une consultation privée. Il y trouve un village désolé et il est surpris d’apprendre que la personne qui lui a demandé l’ouvrage impie est un garçon de dix ans.
Le garçon anormalement développé pour son âge est issu d’une famille de sorciers. Il cherche à compléter une dangereuse incantation.

Mon avis sur l’abomination de Dunwich

Cette nouvelle est écrite à la troisième personne et au présent. Deux faits qui changent vraiment tout à la narration de Lovecraft.
Tout d’abord, le point de vue extérieur permet d’élargir la scène. Contrairement à nombre de ses nouvelles qui commencent par : « vous n’allez pas croire ce qui m’est arrivé » et dans lesquelles le suspense tombe à plat dans les premières lignes. Ensuite, la narration au présent assure le suspense. Puisque ce ne sont pas des paroles rapportées à postériori, on ne peut savoir si les protagonistes seront là, à la fin de l’histoire.

Dans l’abomination de Dunwich, le scénario est beaucoup plus complet et travaillé que dans les textes plus courts. Vous allez me dire, c’est normal entre un texte de 2000 mots et un de 20 000, on ne peut pas avoir le même développement. C’est vrai, mais ce n’est pas le seul facteur. Le scénario est beaucoup plus au centre de l’histoire que les longues descriptions habituelles. On a ici une vraie mise en tension progressive, avec plus de personnages et un déroulement des évènements sur un temps plus long.

Dunwich dessiné par Gou Tanabe

Je vais me répéter, mais les personnages aux yeux ronds, vides et inexpressifs quelque soit le contexte, j’ai du mal…

l'abomination de dunwich - Gou Tanabe - image1

Du point de vue du dessin, certaines pages de plans larges sont magnifiques.

l'abomination de dunwich - Gou Tanabe - image2

D’autres en plans rapprochés sont plus confuses et donnent un rendu général assez inégal.
Il m’aura fallu cinq livres de cette série pour comprendre ce qui me dérangeait. C’est en lisant « le village » de Tackian, Thilliez et Cauchanski (dont la chronique arrive bientôt) que ça m’a sauté aux yeux. L’absence de mouvement. Chez Gou Tanabe, les scènes sont fixes, les personnages statiques.

À côté de ses points discutables, Gou Tanabé réussit le tour de force de mettre des images sur les descriptions de Lovecraft. Certains de ces dessins sont confus et parfois, on ne sait pas très bien ce qu’on regarde. C’est exactement ce qu’on ressent en lisant Lovecraft. Des choses qui existent sans être possibles.

Ce qu’on retient de l’abomination de Dunwich

En lisant ce texte, on comprend pourquoi il est si souvent cité dans les fondamentaux de Lovecraft. Il regroupe tout les critères de l’horreur cosmique qui ont fait la marque de l’écrivain : Magie, fragilité du monde, monstres inconcevables, personnages fanatiques, innocentes victimes et protagoniste qui combattent avec leurs moyens dérisoires les apparitions impossibles.

Cette nouvelle est une pierre angulaire du mythe de Cthulhu.