La vie mouvementée d'un chat paisible, 504 / 1002 mots

Je m’appelle Sacapuces et je dois vous raconter ce qui m’arrive dans ma vie de chat.
Jusque-là, je ne me plaignais pas. Ma famille était très gentille, surtout ma jeune maîtresse. Elle n’était pas très délicate au début et n’arrêtait pas de me tirer les poils avec ses petits doigts, mais nous avons grandi ensemble et nous avons aujourd’hui dix ans. J’avais une vie royale comme on pourrait dire. Tout le monde prenait soin de mois. J’avais un canapé confortable, mais que je devais partager le soir avec le reste de la famille et des croquettes en bonne quantité. J’avais même un jardin. J’y passais des heures l’été. Il y avait une butte de terre au fond ou les herbes étaient rarement tondues. C’était un vrai gruyère habité par une colonie entière de musaraignes. Je passais des heures à les écouter vivre sous terre et si par malheur, l’une d’elles sortait sans avoir pris garde, je lui sautais dessus. Une fois, j’en ai même amené une dans la maison pour faire une blague à ma maîtresse. Je ne sais pas pourquoi, mais elle n’a pas du tout apprécié, quand j’ai lâché le rongeur et qu’il a couru se cacher sous un fauteuil, en poussant de petits cris stridents. Ensuite, tout le monde s’était mis à crier. J’aime autant vous dire que ça a été ma fête. Ils ont mis une heure à déplacer les meubles pour la rattraper. Je crois que ça ne les a pas fait rire du tout.

Ça doit être pour cette raison qu’ils « l’ » ont ramené la semaine d’après. Ils voulaient sûrement me punir. Ce jour-là, ma famille était partie. À leur retour, je les attendais dans l’entrée, bien décidé à leur signaler qu’ils avaient oublié de remplir ma gamelle avant de partir. La porte s’est ouverte et ce machin a foncé droit sur moi, les yeux écarquillés avec une langue gigantesque qui pendait de sa gueule. Un chien ! La boule de poil grognante s’est jetée sur moi. J’étais pris au dépourvu sans réussir à me défendre ou à reculer et cette brute grossière a commencé à me tourner autour. Il m’a d’abord reniflé le derrière puis il a essayé de me lécher, et là, bien sûr, personne pour le disputer pour ce comportement indélicat. Alors je suis parti bouder dans mon jardin, devant ma butte d’herbes hautes en attendant que ça se calme. Je pensais qu’il finirait bien par s’en aller puisqu’il ne faisait pas partie de la famille. Comme si l’on avait besoin d’un cabot. Je suis rentré le soir et toute la maison empestait une odeur d’animal. Ma maîtresse, à genoux au pied du canapé, tenait une serpillière à la main. « Lechien » avait fait pipi juste devant. Le pire ? Je n’avais entendu personne crier. Si ça avait été moi, je suis sûr que je me serais fait jeter dehors…

Lechien avait un nom, il s’appelait Zigzag. Je trouvais que c’était mauvais signe, car ça voulait sûrement dire qu’il allait rester longtemps.

La vie mouvementée d'un chat paisible

Pour cette nouvelle, je souhaitais écrire (oui, au passé car elle date de l’année dernière) une nouvelle pour les plus jeunes, mais qui n’est pas trop gnangnan pour les adultes. Ça complique un peu les choses parce qu’elle doit répondre à des critères qui ne sont pas tout à fait les mêmes pour deux publics différents.
D’abord les critères communs, elle doit être comme d’habitude écrite en langage correct, mais avec des mots communs. Elle doit respecter une structure simple, mais complète avec une vraie fin. Les enfants sont sensibles à cela, je crois. Il ne s’agit pas de faire une fin en queue de poisson, ni une fin ouverte.
Ensuite pour le plus jeune public, il y a des choses à éviter : le sentiment d’être rejeté (sauf dans certains cas où c’est passager et que c’est utile pour servir l’histoire qui s’appuie sur des sentiments plus positifs. Pareil pour le sentiment d’être rejeté, incompris ou puni à tort. Suivant le même principe, il faut éviter les phrases décourageantes et les histoires moralistes. Les enfants ne sont pas stupides et ils décèlent facilement les ficelles donc ne pas les sous-estimer et faire preuve de subtilité.

La transposition avec des animaux humanisés qui parlent et qui parlent fonctionne très bien. Disney et Pixar pour les plus connus en ont fait leur fonds de commerce pendant des dizaines d’années.
Je choisis donc de reprendre un chien et un chat qui sont de bons antagonistes et qui font de parfaits prétendants pour une histoire sur l’amitié et la différence.
D’abord, ils se bagarrent, ils ne sont pas faits pour s’entendre. Le chat est vieux et déjà installé dans la famille, il a sa place de pacha et un chien arrive, il est jeune et représente la folie, les chiens sont plus « vivants » et perturbateurs que les chats donc la distribution des rôles est naturelle dans ce sens. C’est la situation initiale pour poser les personnages.
Ensuite, il leur faut un élément perturbateur qui va bouleverser cette situation. Pour cela, il faut un ennemi commun. Vous savez ce qu’on dit, l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Il doit bousculer leur position ou leur faire du tort d’une manière ou d’une autre.
Dernier point, la ligue du chien et du chat doit mener à les rapprocher et faire d’eux des amis.