Lamentations of the flame princess - 4e
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4 étoiles

Lamentations Of The Flame Princess | Un JDR Dark Fantaisy

Informations commerciales

Livre de règles pour le Jeu De Rôles Lamentations Of The Flame Princess.
Édité au format A5 par Black Book éditions
« Règles et magie » fait 162 pages et coûte 29,9 €
« Guide de l’arbitre » fait 96 pages et coûte 29,9 €

Que propose Lamentations Of The Flame Princess ?

LOTFP, pour les intimes, est un JDR médiéval fantastique qualifié d’OSR pour « Old School Revival ». C’est-à-dire qu’il est un quasi-clone de D&D1 (Donjons et Dragons 1re version). À ceci près qu’il y a quelques ajouts bienvenus pour personnaliser un minimum son personnage avec des compétences.

Lamentations Of The Flame Princess est le chainon manquant entre les deux versions principales de ces ancêtres à savoir donc, D&D1 et AD&D.

Si on veut faire un comparatif, OSRIC (Old School Reference and Index Compilation), qui est un rétroclone de AD&D1, s’acharnait à conserver toute la complexité de AD&D en homogénéisant la sauce, là où LOTFP va à l’essentiel. Dans le premier, on est presque sur du simulationniste avec des règles pour tout. Dans le second, on a un strict minimum de cadre et beaucoup de place au Rôleplay et à l’improvisation du Maître du Jeu. Je n’ai pas encore testé, mais je parie que tout cela profite à la rapidité du jeu qui gagne en interaction.

A qui s’adresse Lamentations Of The Flame Princess ?

À ce moment, les plus jeunes penseront sans doute « oui, mais c’est encore du D&D, on a notre dose, on veut autre chose » pendant que les moins jeunes ne seront pas prêts à abandonner ce qui leur a donné tant de plaisir au long de ces années.

À mon sens, LOTFP s’adresse un peu aux nostalgiques qui n’en peuvent plus des versions commerciales qui se suivent et ne savent plus quoi inventer et qui ont fait le tour de la question de ce jeu à niveaux d’expérience et qui veulent rendre la part belle au jeu avec un système moins lourd. LOTFP est donc fait pour ceux qui ne veulent plus galérer avec les 3 mètres linéaires de livres de règles de la version AD&D ni avec l’aspect stratégie/jeu de plateau de DD3 et qui sont (comme moi) complètement allergiques à la version DD5 qui a simplifié les parties qui marchaient bien pour plaire aux enfants wokes et complexifié un peu plus les points déjà critiqués des versions précédentes.
Au fait, il y a vraiment eu une version 4 ?

Le contexte de jeu de Lamentations Of The Flame Princess

Les créateurs ont décidé de placer leur jeu dans un contexte proche de la renaissance. À mon avis, c’est une erreur, car le jeu se veut très sombre avec une présence de la magie et des religions alors que la renaissance est justement la période où tout cela est abandonné au profit d’une plus grande réflexion sur le monde qui nous entoure.

Je trouve donc que ce positionnement est étrange et inapproprié. Je m’attacherai donc, en tant que MJ, à ne l’utiliser que dans un contexte purement low fantasy.

Un style de jeu sombre et violent

C’est pour moi ce qui donne de sa force à LOTFP. C’est sombre, crasseux et violent. Un peu comme Warhammer au départ (également plus proche de la renaissance), mais je trouve que cela se fait plus sentir ici. On est loin des héros en armure qui transportent des quantités d’or sur leur monture. Ici, les personnages sont des aventuriers majoritairement humains. La magie n’est pas galvaudée et plutôt mal vue. Les autres races sont tolérées, mais peu courantes. Leur description est sans appel. Les nains sont une race en voie de disparition qui se replie sur elle-même. Les elfes plus philosophes considèrent que leur supplantation par l’homme fait partie de la marche des choses et tentent de l’accepter.

La diversité des personnages

Alors oui, vous allez me dire, on n’a que 7 classes toutes caricaturales. Oui, mais non. Pour les lanceurs de sorts, vous pouvez toujours vous distinguer par votre approche de votre art. D’ailleurs, la liste des sorts officielle est sérieusement réduite. En échange, les règles de création de nouveaux sorts sont beaucoup plus abordables. Ce qui permettra aux mages créatifs d’en faire un peu ce qu’ils veulent (en accord avec le monde et le MJ, bien sûr. Pour les autres, rien ne vous empêche de jouer une personne qu’on reconnaît par ses actes et non par ses caractéristiques numériques. Puisque la feuille de personnage est peu encombrée, tout est possible.

À titre personnel, j’ai apporté quelques modifications aux tableaux de progression en intégrant plus de place aux compétences, justement pour augmenter la personnalisation et la polyvalence des personnages.

Le contenu des deux livres

Le vrai livre de règles qui fait autant office de livre du joueur que de guide du maître est « règles & magie ». Le second, « guide de l’arbitre » est tout à fait dispensable quand on n’en est pas à ses débuts, qu’on sait ce qu’est un JDR et comment cela se déroule.
Malgré tout, ce serait très réducteur de résumer ce 2e livre à une somme de redites. D’abord, c’est ici que sont posées les bases du backgound présenté par le créateur. Il explique comment il a orienté son jeu et dans quelle optique. Par exemple, il déconseille les rencontres banales, dans lesquelles on pourfend des gobelins à la chaine, au profit de rencontres uniques et mémorables. Il donne sa vision sur beaucoup d’aspects comme la circulation des objets magiques et encore beaucoup de choses qui peuvent être très inspirantes. C’est donc un livre à lire pour les MJ qui en extrairont ce qui leur convient.

La fin nous gratifie d’un court scénario dans la lignée de tout ce qui a été présenté et qui trouve son intérêt dans son originalité.

Les illustrations de Lamentations Of The Flame Princess

Dans presque tous les articles que j’ai lus sur ce jeu, les rédacteurs s’épanchent largement sur la violence des images qui justifient le logo « 18+ » en couverture. Personnellement, je trouve celles en noir et blanc très kitch et inutilement gore. Le seul point positif, c’est qu’elles me rappellent beaucoup le dessin des illustrations des premiers livres dont vous êtes le héros ou ceux de Gary Gygax dans les manuels d’AD&D. Les images en couleurs sont beaucoup plus travaillées, mais beaucoup trop anachroniques avec ma conception de l’univers qui se prête au jeu.

Mon avis

De mon point de vue, Lamentations Of The Flame Princess permet de retrouver l’esprit du JDR d’origine sans, toute fois, tomber dans les travers de ses scénarios peu évolués des années 80. Il faut prendre le meilleur des deux mondes. Exit les donjons sans âme et bienvenues les intrigues foireuses et les ennemis improbables.
En conclusion, il est encore tout à fait possible de faire du neuf avec du vieux, et ça marche.

Note

Tout au long des livres, quand l’auteur parle de son jeu, il l’appelle, « le jeu de rôle étrange et fantastique », ce que je trouve un peu naze. Lamentations Of The Flame Princess est en fait le nom de l’éditeur, si je ne me trompe pas. Peut-être que dans sa tête, la distinction est nette, mais cette distinction est complètement brouillée par la présentation des livres qui porte ce nom en titre…

N’hésitez à me dire ce que vous en avez pensé si vous le connaissez.

La prochaine fois, je vous parlerai peut-être de ma vision de l’aspect commercial du monde du JDR… À la prochaine, et bon jeu à tous.