Sherlock Holmes - les six Napoléons - Conan Doyle - 4e
3 étoiles

Sherlock Holmes résout le mystère des six Napoléons

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Ce recueil de nouvelles de Conan Doyle contient, outre les six Napoléons, trois nouvelles aussi bonnes qui auraient chacune mérité de donner leur nom au recueil.
Premier dépôt légal septembre 1977
116 pages

Les six Napoléons

Résumé

L’inspecteur Lestrade informe Sherlock Holmes d’une enquête peu banale. Un criminel vole et détruit des bustes de Napoléon dans Londres (qui en compte des centaines). Au deuxième vol, un meurtre a lieu. Lestrade préfère suivre cette piste beaucoup plus intéressante que le simple vol de sculptures.

Mon avis

Parlons d’abord du contexte. J’apprécie de temps en temps une enquête du plus célèbre des détectives, j’ai nommé Sherlock Holmes, mais je ne suis pas non plus un inconditionnel et j’ai été surpris par le cadre de cette enquête. Tout d’abord, il y a un nombre important de mots français dans le texte. Comprenez-moi, je l’ai lu en français, j’entends par là que j’imagine qu’ils étaient en français dans le texte original. La « rue des acacias » par exemple n’a certainement pas été traduite. Deuxième point surprenant, c’est le nombre de bustes de Napoléon présent dans Londres tout à fait ahurissant.
Voilà pour mon propre effet de surprise. En ce qui concerne la nouvelle, j’aime beaucoup le style direct et vivant de Conan Doyle et cette courte enquête est très intéressante jusqu’à son dénouement qui m’a beaucoup déçu. La clé de la résolution est un élément extérieur à l’enquête dont le lecteur ne pouvait à aucun moment avoir connaissance (à moins qu’il fasse référence à une nouvelle précédente). On est vraiment pas loin du deus ex machina. En gros, le truc facile contre lequel tous les tutos d’écriture vous mettent en garde.
Dans une précédente chronique, j’avais critiqué le rôle du « second couteau » qui sert uniquement de prétexte aux dialogues explicatifs et à la mise en lumière du héros. Cette fois, cette situation ne m’a pas gêné. J’ai même trouvé Holmes plus humain et moins hautain que dans mes souvenirs.

L’homme à la lèvre tordue

Résumé

Watson est appelé au secours par une femme inquiète de la disparition de son mari. Celui-ci est un fumeur d’opium régulier et la femme demande au docteur d’aller le chercher dans sa fumerie habituelle. Il y fait une découverte des plus surprenante qui le mène sur une autre affaire qui l’est tout autant.

Mon avis

Cette nouvelle est innovante à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle commence sur plusieurs pages par une aventure du Dr Watson. Au point qu’on se demande si ce n’est pas un « crossover » créé par l’auteur pour se diversifier. Ensuite, parce qu’on y découvre Holmes moins lisse qu’à son habitude : « Je suppose, Watson, que vous vous imaginez qu’outre mes injections de cocaïne, je me suis mis à fumer l’opium et que cela s’ajoute à toutes ces autres faiblesses à propos desquelles vous m’avez favorisé de vos vues professionnelles. »
Pour finir – attention spoiler – parce qu’il n’y a pas véritablement de coupable…
Cette nouvelle nous dépeint un Londres des bas-fonds et une supercherie « amusante » dans laquelle on apprend qu’à cette époque, la mendicité peut rapporter plus que le travail.

Silver Blaze

Résumé

Sherlock Holmes et son acolyte, le Dr Watson se transportent sur les champs de courses. Un entraineur a été tué et un cheval volé.

Mon avis

Encore une enquête au dénouement inattendu que le lecteur suit à travers le second rôle de l’histoire. Cette technique permet à Arthur Conan Doyle de créer des ellipses qui laissent le lecteur dans le flou pour un interrogatoire crucial de l’enquête. Ainsi, on ne découvre qu’à la toute fin le raisonnement du détective lorsqu’il le livre à postériori. C’est efficace pour maintenir le suspense, mais cela rend le lecteur complètement passif et attentiste de ces explications. Aucune chance pour lui de faire ses propres déductions.

Le traité naval

Résumé

Un fonctionnaire se fait voler, dans des circonstances étranges, un document de la plus haute importance qui pourrait mettre le gouvernement dans une situation militaire délicate.

Mon avis

Cette nouvelle est loin d’être la meilleure. En fait elle n’est pas mauvaise, mais elle n’apporte rien de très original. Dommage qu’elle ferme ce recueil.

Ce qu’on retient des six Napoléons

Arthur Conan Doyle maitrise à la perfection l’art de la narration à la première personne et les ellipses. Les deux plongent le lecteur dans le noir.
La plupart du temps, la première personne est utilisée pour faire parler le personnage principal, ce qui rend difficile la gestion du suspense.