Lydia Perréal a fui son foyer pour devenir SDF
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Récit de vie autobiographique de Lydia Perréal
Édité chez Lattès édition en 1995
Publié par J’ai Lu
1er dépôt légal octobre 1996
Résumé de l’autobiographie de Lydia Perréal
Lydia est issue d’une famille dysfonctionnelle. Une mère alcoolique défaillante qu’elle essaie d’aimer comme elle peut et un père qui finit par quitter sa famille dans son intérêt. Lydia n’est pas majeure quand elle fuit ce qui lui sert de foyer. Elle erre dans la rue. Va de foyers d’accueil en refuges sociaux. Elle décrypte avec précision ses galères dans ses démarches auprès des institutions de l’état, car Lydia ne veut pas rester SDF. Elle veut qu’on lui donne la chance de s’en sortir, mais une fois en dehors du système, la remontée est difficile. Elle trouvera l’amour ; plusieurs fois. Chaque expérience est un apprentissage et elle apprendra que dans la rue, on ne peut compter que sur soi.
Mon avis
Lydia décrit très bien l’enchainement qui mène à la rue, les galères qu’elle rencontre et les épreuves qu’elle surpasse.
Lydia Perréal refuse de devenir une SDF
Au départ, Lydia essaie de vivre « normalement ». Bien sûr, elle dort dans la rue, mais elle conserve un rythme de vie semblable aux autres. La différence tient dans les deux sacs qu’elle traine partout avec elle et qui contiennent toute sa vie. Des chaussures, un baladeur, trois cassettes audio et des vêtements de rechange qu’elle lave dans les laveries automatiques quand elle a mangé et qu’il lui reste un peu d’argent.
Surtout, Lydia refuse d’être une SDF et c’est un choc la première fois qu’on lui dit que, de fait, c’est bien ce qu’elle est. Elle n’a plus de domicile fixe et erre d’un endroit à un autre. Elle et les autres de sa condition mettent visiblement un point d’honneur à se différencier des SDF. Ils se définissent comme des galériens. Ils se sont retrouvés, pour toutes sortes de raisons, jetés dans la rue, mais c’est temporaire. Ils vont s’en sortir, c’est sûr. Ce n’est pas du déni, c’est de l’optimisme.
SDF : un métier à plein temps
Lydia Perréal est originaire de province. Elle découvre vite que les institutions de l’état sont plus que clairsemées et ont des moyens très limités. Sans parler des opportunités de travail qui sont beaucoup plus limitées, donc elle déménage à Paris. Peu de temps après, elle perd ses papiers d’identité. Elle n’est plus personne et nous fait vivre avec force de détails ses voyages en métro à travers toute la capitale pour frapper à tous les bureaux de l’aide sociale.
Le rythme de son récit est très répétitif, mais est-ce qu’on se rendrait compte de la galère d’obtenir le moindre justificatif si elle elle ne montrait pas les méandres successifs dans lesquelles elle s’embourbe à longueur de temps. On pourrait croire qu’être SDF est déjà un métier à plein temps quand il faut traverser Paris pour se rendre d’une administration à une autre ou d’un centre d’accueil à un autre. Toutes les journées se ressemblent. C’est ça aussi vivre dans la rue, regarder le temps qui passe pour les autres et qui s’est arrêté pour elle.
Fin de galère à la télé
Je ne sais pas comment c’est arrivé. Elle ne l’explique pas, mais un jour elle est invitée dans une émission de télé voyeuriste au contenu très discutable. Elle est là pour raconter sa vie, pour émouvoir, arracher des sentiments à la ménagère de moins de cinquante ans assise dans son canapé.
Elle au moins aura un retour positif. C’est grâce à l’émission qu’elle s’en sortira. Elle va trouver du travail et écrire le livre que j’ai entre les mains.
Fin de galère vraiment ?
Étrangement, Lydia Perréal a disparu des radars. Je n’ai pas mené d’enquête, mais elle n’apparait pas dans une simple recherche Google. Je me demande si elle a fini par s’en sortir durablement où si sa notoriété éphémère aura précipité sa chute, comme pour certains qui sont broyés par le « show biz » quand ils n’y sont pas préparés.
Qu’est-ce qu’on retient de l’histoire de Lydia Perréal ?
Son livre se lit vite. Il nous fait partager un quotidien de manière froide, sans tristesse ni apitoiement. Sur les conditions de vie, on n’apprend rien. Malheureusement, car ce genre de situation est bien connue et si peu que vous habitiez ou travailliez dans une grande ville, vous y êtes confrontés. Tout le monde ne part pas dans la vie avec les mêmes chances. Pendant que certains se voient ouvrir toutes les portes sans aucun autre crédit de compétence que leur nom (oui, je pense à toi, louis le fils de détenu, traitre à la nation), d’autres se voient jeter en dehors de la vie.
Néanmoins, cette vision de l’intérieur d’un monde qu’on ne souhaite jamais avoir besoin de fréquenter est intéressante dans les détails sur les codes de vie et les différents types de SDF.
J’ai aimé la différenciation que Lydia faisait entre les SDF et les galériens. Quand j’entendais SDF, je pensais clochard à vie ou crackhead affalé au milieu d’un trottoir. Cette partie la plus visible (de mon point de vue) occultait tous ceux qui n’ont pas eu le choix, pas eu de chance, pas eu la bonne naissance. Beaucoup ont fui quelque chose de pire pour mieux se relancer dans la vie à partir de rien. Il faut un courage énorme pour tout envoyer balader et surtout pour ne pas se laisser sombrer avec ceux qui ont renoncé à tout.